LES ENJEUX



Un conflit dans les activités humaines, commerciales ou industrielles, engendre des enjeux qui peuvent être de cinq ordres ;

  1. financiers
  2. relationnels
  3. temporels
  4. sociétaux
  5. réputationnels.


Les émotions que peuvent ressentir les parties lors d'un conflit reflétent des besoins répondant aux cinq préoccupations fondamentales et universelles :

  1. besoin d'appréciation (ou de reconnaissance)
  2. besoin d'affiliation
  3. besoin d'autonomie
  4. besoin de reconnaissance de son statut
  5. besoin d'avoir un rôle gratifiant

Roger FISHER - Daniel SHAPIRO " Gérer ses émotions, c'est aussi tenir compte de celles des autres " Edit.R. Laffont

LES ENJEUX OU CRITERES FAVORABLES A LA MEDIATION


FINANCIERS :

Confidentialité absolue.

Le médiateur est formé aux outils de la négociation raisonnée dans laquelle chacun est amené à prendre en compte les intérêts communs, afin de trouver un accord sur la base de critères objectifs.

En traitant de façon séparée les questions de personnes (la dimension relationnelle) et l'enjeu des discussions (le problème), les parties se concentrent sur les intérêts en jeu et non sur les positions (les revendications premières).

Ils explorent les possibles et inventent leur solution. Laquelle est souvent d'ordre financier.

RELATIONNELS :

La médiation est un espace d'échange.

Le médiateur veille à ce que les parties puissent s'exprimer librement, voire "vident leur sac", afin que le conflit soit purgé.

Une franche explication peut s'avérer salutaire ; elle peut aussi dégénérer.

C'est avant tout l'écoute de l'autre qui permet de se repositionner dans la relation et, ce faisant, de la restaurer.

TEMPORELS :

Rapidité du processus de médiation.

En réponse aux questions liées aux plannings et aux délais, aux enjeux humains et financiers importants, la médiation se décline en préventif et accompagne la gestion des projets.

SOCIETAUX

La médiation permet d'exprimer les besoins et les intérêts de chacun.

En cela, elle est proche des processus de concertation, quelle qu'en soit l'échelle, la médiation favorise l'exercice de la démocratie.

REPUTATIONNELS

Confidentialité absolue.

Débat non public (à la différence de la procédure judiciaire), pas de publicité, pas de risque, pas de crainte.


Il n'est pas rare que dans un conflit qui s'enlise par devant les tribunaux, face à des difficultés financières ou à de travaux non achevés, le couple peut être amené à des conflits conjugaux, menant au divorce ou à la séparation.


TYPE DE CONFLIT NAISSANT DANS LES ACTIVITES DE LA CONSTRUCTION


Le monde de la construction a pour socle une succession de transmissions et d'interprétations de contrats, de documents graphiques et de pièces écrites ou non entre tous les acteurs. Les entrepreneurs sont des intermédiaires entre les futurs clients (maître de l'ouvrage) et l'architecte (le maître d'oeuvre), lui-même intermédiaire entre le réel et les aspirations ou besoins d'un client. A chaque stade de ces transmissions d'informations peuvent survenir des différends liés à l'interprétation du contrat, aux conditions de sa réalisation.

Donner vie à un espace voulu par une personne, conceptualisé par une autre, réalisé grâce aux savoir-faire et à la force de travail de beaucoup d'acteurs montre à l'envi qu'il y a de l'humain dans l'acte de bâtir. Bâtir est l'oeuvre d'une chaîne de personnes se mettant d'accord entre elles, mais aussi une chaîne d'accords et de désaccords quant aux conditions de la réalisation. L'acte de bâtir est une façon pour chacun de vouloir "apporter sa pierre à l'édifice". Or, au vu du nombre de personnes impliquées dans ou autour de cet acte, la probabilité d'incompréhensions, de mésententes, de différends est élevée.

L'implication d'un grand nombre d'intérêts et d'acteurs dans les différends liés à la construction est certainement l'une des caractéristiques majeures de cet univers. Cela a pour conséquence une grande variété de type de différends.

A titre d'exemple:

    • recours divers a propos de diverses autorisations (permis de démolir, d'urbanisme, de lotir);
    • troubles à l'égard de tiers : implantations, nuisances sonores ou environnementales, pertes de jouissance, trouble de voisinage;
    • litiges des copropriétés : convocations, appels de fonds, servitudes et droits d'occupation, etc.;
    • incommunicabilité, usage de langues et de techniques non comprises, travailleurs détachés;
    • retards dans l'exécution des travaux;
    • qualité perçue et réception des travaux:
    • non-exécution des tâches : dépôt de bilan et disparition des acteurs;
    • différends entre associés, entre mandataires et sous-traitants;
    • différends avec les fournisseurs et distributeurs;
    • problèmes interentreprises ou cocontractants;
    • sinistres, malfaçons, et prises en charge des réparations;
    • travaux inachevés;
    • dépassement de budgets prévisionnels;
    • conflits au sein des entreprises et des organisations, grève, mouvements sociaux;
    • etc.


* article inspiré de "La médiation à l'usage des professionnels de la construction" par Vincent Borie aux éditions Eyrolles